Aidant : tenir sur la durée
6 étapes · 6 min de lecture
Ce que vous pouvez faire
- Protégez vos nuits : si votre proche vous réveille souvent, parlez-en à son médecin et au vôtre. Des solutions existent (garde de nuit, aménagements, accueil temporaire).
- Mangez à heures fixes : un vrai repas, assis, même rapide. Les aidants sautent souvent les leurs sans s'en apercevoir.
- Inscrivez des pauses dans l'agenda : une heure par jour, une demi-journée par semaine. Une pause planifiée a plus de chances d'exister qu'une pause « quand j'aurai le temps ».
- Demandez du relais : famille, amis, voisins, aide à domicile, accueil de jour. Dites précisément ce dont vous avez besoin.
- Parlez à d'autres aidants : groupes de parole, cafés des aidants, forums d'associations. On s'y sent moins seul et on y trouve des astuces.
- Gardez votre propre médecin : consultez pour vous, pas seulement pour votre proche. Dites-lui que vous êtes aidant.
Les signaux d'alerte
L'épuisement s'installe lentement. On le voit chez les autres avant de le voir chez soi. Soyez attentif si :
- vous dormez mal depuis des semaines ;
- vous vous énervez plus vite, contre votre proche ou contre tout le monde ;
- vous avez abandonné vos activités, vos amis, vos loisirs ;
- vous oubliez vos propres rendez-vous médicaux ;
- vous pensez que personne ne peut vous remplacer, même une heure ;
- vous avez parfois des pensées ou des gestes que vous regrettez.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces lignes, ce n'est pas une faiblesse. C'est le signal qu'il faut organiser du relais, maintenant. Et si vous sentez que la situation vous dépasse au point de devenir dangereuse, pour vous ou pour votre proche, vous pouvez appeler le 3977, y compris si c'est vous qui craignez de mal faire. Voir Maltraitance : repérer, en parler.
Demander, concrètement
Beaucoup d'aidants n'osent pas demander, ou demandent de façon trop vague (« si tu peux m'aider… »). Les proches ne savent pas quoi faire et n'osent pas proposer. Essayez d'être précis :
- « Peux-tu venir mardi de 14 h à 17 h pour que j'aille chez le dentiste ? »
- « Peux-tu t'occuper des papiers de la caisse de retraite ? »
- « Peux-tu l'appeler tous les soirs à 19 h ? »
Faites une liste des tâches, et laissez chacun choisir. Même un frère éloigné peut prendre en charge l'administratif à distance.
Les relais professionnels
- L'aide à domicile pour la toilette, les repas, le ménage.
- L'accueil de jour pour quelques journées par semaine.
- L'hébergement temporaire pour quelques jours ou quelques semaines.
- La garde de nuit pour retrouver le sommeil.
- Les plateformes d'accompagnement et de répit, qui connaissent toutes les solutions locales.
Une partie peut être financée par l'APA ou la PCH. Tous vos droits sont détaillés dans Aidant : les droits et le répit.
Les groupes de parole
Dans un groupe de parole, on ne vous juge pas. Tout le monde est passé par là. On peut y dire sa colère, sa fatigue, sa culpabilité, et entendre que d'autres ressentent la même chose. Souvent animés par un psychologue, ils sont proposés par des associations, des plateformes de répit, des hôpitaux. Ils sont en général gratuits.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, certaines associations proposent des échanges par téléphone ou en ligne.
⚠️ Les pièges
- Tout porter seul par fierté. Vous ne rendez service à personne en vous épuisant.
- Attendre d'être à bout pour demander. Le relais se prépare quand vous allez encore bien.
- Culpabiliser pendant la pause. Elle sert aussi votre proche : il retrouvera un aidant reposé.
- Annuler ses propres soins. Un aidant malade, c'est deux personnes en difficulté.
- S'isoler. Gardez au moins un lien qui n'a rien à voir avec la maladie.
👍 Le coup de pouce
Un petit carnet d'aidant, à tenir à jour :
- les numéros utiles (médecin, infirmier, aide à domicile, plateforme de répit, voisins) ;
- les traitements de votre proche et leurs horaires ;
- ses habitudes et ce qui l'apaise, pour la personne qui vous remplace ;
- vos propres rendez-vous ;
- une ligne par jour : comment je me sens, de 1 à 5.
Ce carnet sert le jour où quelqu'un prend le relais. Et la dernière ligne vous aide à repérer, avant qu'il ne soit trop tard, que vous avez besoin de souffler. Si un jour vous avez envie de transmettre ce que vous avez appris, voir Patients et aidants formateurs.
Pour aller plus loin
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, rubrique Aidants : solutions de répit près de chez vous.
- France Alzheimer : groupes de parole et formations pour les aidants.
- Solidarités.gouv.fr : les dispositifs publics de soutien aux proches aidants.