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Maltraitance : repérer, en parler, à qui s'adresser

Réponse courteLa maltraitance ne se limite pas aux coups. Elle peut être une parole humiliante, un argent détourné, des soins oubliés, une liberté confisquée. Elle peut se produire à domicile comme en établissement, venir d'un proche comme d'un professionnel. En cas de doute, appelez le 3977. En cas de danger immédiat, le 17 ou le 112.

5 étapes · 6 min de lecture

Les étapes

  1. Prenez votre doute au sérieux : vous n'avez pas besoin d'une certitude pour en parler. Un malaise répété, un changement d'attitude, une explication qui ne tient pas, ça suffit pour demander conseil.
  2. Notez ce que vous observez : dates, faits, paroles rapportées, traces, mouvements d'argent. Des faits datés aident tous ceux qui interviendront ensuite.
  3. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 : violences, menace grave, personne en détresse. N'attendez pas.
  4. Dans les autres cas, appelez le 3977 : c'est le numéro national contre les maltraitances envers les personnes âgées et les adultes en situation de handicap. Des écoutants vous conseillent, et un suivi peut être organisé avec des relais dans votre département.
  5. Signalez à l'autorité compétente : l'agence régionale de santé (ARS) ou le conseil départemental selon l'établissement ou le service concerné, le procureur de la République si des faits graves sont en cause.

Un vocabulaire commun

Pendant longtemps, chacun mettait un sens différent derrière le mot « maltraitance ». Un travail collectif réunissant institutions, professionnels et associations d'usagers a abouti à un vocabulaire partagé, et une définition figure désormais dans le Code de l'action sociale et des familles.

En substance : il y a maltraitance quand un geste, une parole, une action ou un manque d'action porte atteinte aux droits, aux besoins fondamentaux ou à la santé d'une personne vulnérable, dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d'accompagnement. Elle peut être ponctuelle ou durable, volontaire ou non. Le fait qu'elle ne soit pas intentionnelle ne la rend pas acceptable.

Les formes les plus fréquentes

Les signes qui doivent alerter

Aucun signe isolé ne prouve une maltraitance. C'est l'accumulation qui compte.

À domicile ou en établissement

À domicile, la maltraitance vient souvent d'un proche épuisé ou dépassé. Ce n'est pas une excuse, mais c'est une piste : soulager l'aidant fait parfois partie de la solution. Les services du département et les plateformes de répit peuvent intervenir. Voir les droits des aidants.

En établissement, commencez par en parler à la direction, par écrit. Vous pouvez aussi saisir la personne qualifiée, le conseil de la vie sociale, et signaler à l'ARS ou au département. Les professionnels qui témoignent de bonne foi de mauvais traitements sont protégés par la loi. Les recours des familles sont décrits dans EHPAD : la place des familles.

À l'hôpital, la réclamation passe par la direction et la commission des usagers : voir Se plaindre d'un hôpital.

⚠️ Les pièges

  • Attendre une preuve. Le 3977 est fait pour les doutes.
  • Confronter seul la personne soupçonnée. Vous risquez d'aggraver la situation de la victime.
  • Promettre le secret à la victime. Dites-lui que vous allez l'aider, et que pour cela il faudra peut-être en parler.
  • Oublier la maltraitance financière. Elle est souvent silencieuse et durable. Une mesure de protection juridique peut être demandée au juge des contentieux de la protection.

👍 Le coup de pouce

Avant d'appeler le 3977, préparez :

  • qui est la personne concernée, son âge, où elle vit ;
  • ce que vous avez vu ou entendu, avec les dates ;
  • qui est en cause, si vous le savez ;
  • ce que vous attendez : un conseil, une intervention, un relais local.

Vous pouvez rester anonyme si vous le souhaitez. Et si c'est vous qui vous sentez à bout au point d'avoir des gestes ou des mots que vous regrettez, appelez aussi : demander de l'aide est la meilleure chose à faire.

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