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Compléments alimentaires : comment s'y retrouver

Réponse courteUn complément alimentaire est un aliment, pas un médicament. Il ne peut pas prétendre guérir ni prévenir une maladie, et ce qu'il affiche sur son emballage est encadré par des règles européennes. Avant d'en prendre, surtout avec un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, et achetez auprès d'un vendeur identifiable.

6 étapes · 6 min de lecture

Ce que vous pouvez faire

  1. Demandez-vous pourquoi vous en prenez : pour quel besoin, sur le conseil de qui, pour combien de temps. Une alimentation variée reste la base.
  2. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien : en particulier si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou allaitez, si le produit est destiné à un enfant ou à une personne âgée fragile.
  3. Lisez l'étiquette : composition, quantité journalière à ne pas dépasser, précautions d'emploi, nom et adresse du responsable.
  4. Achetez auprès de vendeurs identifiables : magasin spécialisé, pharmacie, site d'une entreprise dont on connaît l'adresse et le pays. Méfiez-vous des places de marché où le vendeur est anonyme.
  5. Respectez les doses : plus n'est pas mieux. Cumuler plusieurs produits peut faire dépasser les quantités recommandées d'un même nutriment.
  6. Signalez tout effet inattendu : à votre médecin ou à votre pharmacien, et à l'ANSES, qui recueille ces signalements (la nutrivigilance).

Ce qu'est un complément, légalement

Le droit français et européen définit les compléments alimentaires comme des denrées alimentaires destinées à compléter le régime alimentaire normal. Ils sont des sources concentrées de nutriments (vitamines, minéraux) ou d'autres substances (plantes, acides aminés…) et se présentent en doses : gélules, comprimés, ampoules, poudres à doser.

Comme ce sont des aliments, ils ne passent pas par l'autorisation de mise sur le marché exigée pour les médicaments. Les fabricants doivent les déclarer aux autorités avant leur commercialisation et respecter des listes d'ingrédients autorisés. La DGCCRF contrôle les produits vendus en France.

Ce que l'étiquette peut dire, et ce qu'elle ne peut pas dire

Les mentions de santé sur les aliments, appelées allégations, sont encadrées par un règlement européen. Seules les allégations figurant sur une liste autorisée, après évaluation scientifique, peuvent être utilisées, dans les conditions prévues. Par exemple, une phrase sur le rôle d'une vitamine dans le fonctionnement normal d'une partie de l'organisme peut être autorisée.

En revanche, un complément alimentaire ne peut jamais prétendre prévenir, traiter ou guérir une maladie. Si un emballage ou une publicité le promet, c'est un signal d'alerte.

L'étiquette doit aussi comporter, entre autres :

Les interactions avec les médicaments

« Naturel » ne veut pas dire « sans effet ». Certaines plantes et certains nutriments peuvent modifier l'action d'un médicament. Le millepertuis, par exemple, est connu pour interagir avec de nombreux traitements. D'autres substances peuvent poser problème avec des anticoagulants, des traitements du cœur ou certains traitements de longue durée.

C'est pourquoi il faut toujours signaler ce que vous prenez, y compris les compléments, lors d'une consultation : voir Préparer sa consultation. Le pharmacien peut vérifier les associations à éviter.

Bien acheter

Un vendeur identifiable, c'est quelqu'un à qui vous pouvez poser une question avant l'achat et vous adresser après. Dans un magasin spécialisé ou en pharmacie, vous pouvez demander conseil, vérifier la composition, comparer. Sur internet, vérifiez les mentions légales : nom de l'entreprise, adresse, pays d'origine.

Méfiez-vous des promesses miracles : perte de poids spectaculaire, résultats garantis, effets « prouvés » sans source, témoignages trop beaux, compte à rebours pour vous presser. Les produits vendus hors de l'Union européenne peuvent contenir des substances interdites en France.

⚠️ Les pièges

  • Remplacer un traitement par un complément. Ne modifiez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.
  • Cumuler les produits. Deux compléments peuvent contenir le même ingrédient.
  • Donner à un enfant un produit pour adulte. Les doses ne sont pas les mêmes.
  • Croire une promesse santé. Elle est interdite sur un complément.
  • Acheter sans savoir à qui. Un vendeur anonyme ne répond de rien.

👍 Le coup de pouce

Les questions à poser avant d'acheter :

  • À quoi ce produit va-t-il me servir, concrètement ?
  • Y a-t-il une contre-indication avec mes traitements ou ma situation ?
  • Quelle dose, et pour combien de temps ?
  • Qui le fabrique, et où ?
  • Que faire si je ressens un effet inhabituel ?

Si un proche âgé perd l'appétit, ne commencez pas par un complément : parlez-en au médecin. Voir Mon père ne mange plus. Les sigles sont expliqués dans le traducteur.

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