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Mon père ne mange plus : à qui en parler, que faire à la maison

Réponse courteUne assiette à moitié pleine, un frigo qui ne se vide plus, des vêtements qui flottent : chez une personne âgée, la perte d'appétit n'est jamais anodine. Le premier réflexe, c'est d'en parler au médecin traitant. Le second, c'est de rendre les repas plus faciles, plus riches et plus agréables à la maison.

5 étapes · 6 min de lecture

Ce que vous pouvez faire

  1. Observez sur une semaine : ce qu'il mange vraiment, à quelle heure, ce qu'il laisse, ce qu'il réclame. Pesez-le si possible, toujours sur la même balance. Notez tout.
  2. Parlez-en au médecin traitant : il peut rechercher une dénutrition, comprendre la cause (dents, déglutition, médicaments, humeur, maladie) et proposer une prise en charge.
  3. Fractionnez les repas : trois repas plus des collations plutôt que deux grands repas qui découragent.
  4. Enrichissez l'assiette : plus de nutriments dans la même quantité de nourriture (voir plus bas).
  5. Faites-vous aider : portage de repas, aide à domicile pour préparer ou partager le repas, déjeuner au club ou au restaurant de la commune.

Pourquoi en parler au médecin

Chez une personne âgée, manger moins peut s'installer sans bruit. On mange moins, on bouge moins, on a moins faim : le cercle se referme. La dénutrition fragilise les muscles, augmente le risque de chute et ralentit la récupération après une maladie.

Le médecin peut peser, comparer avec les poids précédents, demander un bilan, regarder les traitements (certains coupent l'appétit ou changent le goût). Il peut aussi orienter vers un dentiste si les dents ou l'appareil posent problème, ou vers un orthophoniste si avaler devient difficile.

Signalez-lui en particulier :

Si l'appétit chute brutalement, avec d'autres signes inhabituels, appelez rapidement le médecin.

Enrichir l'assiette

L'idée : ajouter de l'énergie et des protéines sans augmenter le volume, que votre parent n'arrivera pas à finir. Quelques gestes simples, avec des aliments du quotidien :

Il existe aussi des protéines en poudre et des aliments enrichis vendus dans le commerce. Ils peuvent compléter ces gestes, mais demandez d'abord l'avis du médecin, surtout en cas de maladie des reins ou de régime particulier. Ils ne sont pas la même chose que les compléments nutritionnels oraux : ces derniers sont des produits spécifiques, prescrits par le médecin quand une dénutrition est repérée, et pris en charge par l'Assurance Maladie dans certaines conditions.

Le plaisir avant tout

On mange mieux ce qu'on aime, quand on n'est pas seul.

Se faire aider

⚠️ Les pièges

  • Forcer. Insister à chaque repas transforme la table en champ de bataille.
  • Supprimer le sel, le sucre, le gras sans avis médical. Un régime trop strict peut faire plus de mal que de bien chez une personne âgée qui mange peu.
  • Attendre que « ça revienne ». Une perte d'appétit qui dure mérite une consultation.
  • Oublier les dents. Un appareil qui blesse suffit à couper l'envie de manger.

👍 Le coup de pouce

Une journée type, à adapter :

  • Petit-déjeuner : tartine beurrée, laitage, boisson chaude au lait.
  • Collation du matin : fruit, biscuit, fromage.
  • Déjeuner : plat principal enrichi, dessert lacté.
  • Goûter : laitage, gâteau, compote.
  • Dîner : potage enrichi, œuf ou fromage, dessert.

Si votre parent vit en établissement, voir Bien manger en EHPAD. Pour vous, l'aidant, voir Tenir sur la durée.

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