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🧠 La mémoire flanche

Aux urgences avec un proche atteint d'Alzheimer

Réponse courteLe bruit, l'attente, les lumières, les visages inconnus : les urgences sont un lieu très difficile pour une personne atteinte de troubles de la mémoire. Vous ne pouvez pas changer le service, mais vous pouvez beaucoup pour votre proche : apporter les bons papiers, prévenir l'équipe dès l'accueil, rester à ses côtés et ne pas accepter une sortie de nuit sans solution.

6 étapes · 6 min de lecture

Les étapes

  1. Prenez le sac prêt d'avance : fiche de liaison, ordonnances, carte Vitale, coordonnées utiles (voir la liste plus bas). S'il n'existe pas encore, préparez-le dès aujourd'hui.
  2. Dites-le dès l'accueil : « Ma mère a une maladie d'Alzheimer. Elle ne pourra pas expliquer ce qui s'est passé ni retenir ce qu'on lui dit. » L'infirmier d'accueil en tient compte pour l'orientation et la surveillance.
  3. Racontez ce qui a changé : depuis quand, ce qui est inhabituel par rapport à son état normal. Personne d'autre que vous ne connaît cet « état normal ».
  4. Demandez à rester à ses côtés : votre présence rassure et aide l'équipe. Si ce n'est pas possible à certains moments, demandez à revenir dès que possible et laissez votre numéro.
  5. Apaisez : voix calme, phrases courtes, un objet familier, une boisson si elle est autorisée. Évitez de contredire ou d'insister.
  6. Préparez la sortie avec l'équipe : avant de partir, assurez-vous que quelqu'un sera là à la maison, que le traitement est clair et que le médecin traitant sera prévenu.

Le sac des urgences

Gardez-le près de la porte ou dans un tiroir connu de tous les intervenants (aide à domicile, voisins, famille).

Un conseil : glissez une copie de la fiche dans le portefeuille de votre proche et une autre dans votre téléphone.

Pourquoi les urgences sont si difficiles

Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer perd plus facilement ses repères dans un lieu inconnu. L'attente et l'agitation peuvent provoquer une confusion brutale, de l'agressivité ou des tentatives de partir. Ce n'est pas un caprice. C'est la maladie qui réagit à un environnement hostile.

Améliorer l'accueil aux urgences des personnes malades est d'ailleurs un sujet porté par les associations spécialisées et les fondations qui travaillent sur la maladie. Ce que vous apportez comme informations nourrit directement la qualité de la prise en charge.

Pendant l'attente

⚠️ Les pièges

  • Partir seul en ambulance sans papiers. Si vous ne pouvez pas l'accompagner, donnez la fiche aux ambulanciers.
  • Laisser croire que « tout va bien ». Votre proche peut répondre « oui » à toutes les questions sans les avoir comprises. Dites-le.
  • Accepter un retour en pleine nuit sans personne à la maison. Expliquez que votre proche vit seul ou que vous ne pouvez pas l'accueillir, et demandez quelles solutions existent : rester en observation, hospitalisation de courte durée, retour le lendemain.
  • Oublier de demander le compte rendu. Il doit partir chez le médecin traitant. Gardez-en une copie.

👍 Le coup de pouce

Les phrases utiles à l'accueil :

  • « Il a des troubles de la mémoire. Je suis la personne qui le connaît le mieux. »
  • « Habituellement, il marche seul et me reconnaît. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. »
  • « Il ne dit pas quand il a mal. Voici comment on le repère. »
  • « Est-ce que je peux rester avec lui ? »
  • « À quelle heure est prévue la sortie, et qui le ramène ? »

Si votre proche est hospitalisé ensuite, la page Mon parent sort de l'hôpital prend le relais. Pour souffler après une telle journée, voir les droits des aidants.

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